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Au moyen âge,
l’île appartient aux Comtes de Léon qui dilapident leur
fortune.
En
1169, ils vendent Béniguet aux moines de Saint-Mathieu qui y
installent un prieuré. Un champ s’appelle encore Parc Ar
Vanac’h (champ des moines).
A la
fin du 16ème siècle, Louis XIV ayant demandé à
toutes les abbayes de faire un don « gratuit et volontaire »
les a autorisé pour cela à vendre des terres.
En
1569, l’île fut donc vendue 96 livres à Jean Kerlec’h Sieur
du Plessis (manoir du Plessis en Ploumoguer), elle
rapportait 5 livres par an.
En
1680, l’île appartient toujours à la famille Kerlec’h. Plus
tard, ce même roi autorisa les abbayes à racheter les terres
qu’elles avaient vendu.
En 1736, les
religieux veulent recouvrer Béniguet et font un procès au
Sieur René de Kermoisan, baron de tresiguidy héritier des
Kerlec’h. Des procès s’engagèrent qui durèrent pratiquement
jusqu'à la révolution. D’autre part, des procès avaient lieu
sans arrêt entre les propriétaires de l’île et les chasseurs
venus de Continent. Béniguet devenu bien national fut acheté
par Jean Francis Gorric négociant au Conquet.
De nombreux fermiers se
succédèrent. Deux familles y vécurent en permanence. Plus
récemment Messieurs Simier et Pors l’occupèrent de 1938 à
1944, puis d’autres : Messieurs Barbaro, Bertin etc…
Monsieur
Simier dans ses mémoires à relaté la vie qu’a mené sur cette
île avec une vingtaine de domestiques aux surnoms
fantaisistes : Casquette, Bleiz, Galoche, Bonheur, Gentil,
La Pige, Canard, Moustache, La Classe, Chimic, Cocagne.
Parmi ceux-ci, il en avait choisi un pour être le chef :
Jeste ar Manan, c’était le plus crapuleux, mis à la porte de
la marine, de la coloniale, des Bat d’Af, il finit à la
légion étrangère, déserteur pendant la guerre 14-18, il fut
affecté au bataillon disciplinaire puis revint aux îles.
Mais, il savait tout faire, boucher, boulanger, coiffeur,
son titre de gloire étant de raser le patient en ayant les
yeux bandés. Il avait une petite retraite ce qui lui
conférait une notoriété et une supériorité sur les autres.
Si ces hommes étaient des rustres, ils
avaient appris à être roublards, tel ce Paul Vian ( le
garçon de cochons) qui réclamait un verre de vin par
douzaine d’œufs qu’il ramassait, mais les reprenait sitôt
que le patron avait le dos tourné afin de faire croire à une
2ème récolte. Le Boulanger exigeait un verre pour
faire la pâte et un litre par fournée pour que le pain soit
cuit à l’heure.
La femme de Monsieur Simier après 2
essais infructueux ayant renoncé à vivre sur cette île,
c’est avec l’aide d’une bonne qu’il dut loger, nourrir et
faire travailler cette troupe hétéroclite, il fallait être
aussi Docteur, Vétérinaire…et, assurer le ravitaillement.
S’il ne fut jamais attaqué par ses
domestiques, il fut parfois obligé de les ‘corriger ‘, ce
qui n’était pas tout avantage pour lui, car l’incident
terminé, il fallait boire le verre de réconciliation (à sa
charge évidemment) le règlement l’exigeait. Car il y avait
un règlement sur ces îles, qui variait, peu d’une île à
l’autre, d’où venait-il ? Il n’y avait aucun écrit mais il
se transmettait de bouche à oreille et le fermier avait tout
intérêt à le respecter (surtout pour tout ce qui avait trait
au vin).
Il y a quelques
temps, l’île appartenait au conseil supérieur de la chasse
qui en a confié la garde à la société des chasseurs du
Finistère et sert de réserve de lapins pour le repeuplement.
Car, à une certaine époque on craignit que cette espèce ne
disparaisse. En effet, la myxomatose avait été introduite en
France en 1952 par le Professeur Armand Delille, afin de
détruire les lapins de la propriété de Monsieur MAILLEBOIS
EN Eure et Loire, cette maladie se répandit dans toute la
France. Or, on avait constaté qu’en un seul endroit les
animaux étaient indemnes, à Béniguet, d’où l’idée de faire
une réserve en ce lieu. Mais en 1975, cette population
animale fut atteinte à son tour et l’île fut décimée par
quelque temps. Depuis ce temps, la maladie n'est jamais
réapparue, alors qu'elle reste endémique une fois installée.
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